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le grand epuisement

 photo : Vincent Beaume / Claire Ruffin

UN LIVRE

“Chaque jour, tu te sentais comme un funambule sur un fil qui, à tout instant, peut tomber. Tu n'imaginais pas, alors, ce que tomber signifiait. À présent, que tu sais, tu vas prendre un risque : raconter. Car il est une chose que tu aimerais dire au monde."

“Un jour, la narratrice de ce livre n'a plus pu se tenir debout – épuisement, physique, psychique et émotionnel totale. Dans cette traversée immobile, elle trouve un puissant moteur de remise en question de nos évidences collectives, qui mènent àl'épuisement des êtres, des ressources, des écosystèmes. Sans pathos, son récit interroge notre capacité à tenir debout, dans un monde qui vascille, et à résister."

 

NOTE D'INTENTION


"Le grand Épuisement",  c’est d’abord et avant tout un texte.

Le récit intime d’un épuisement humain - communément appelé burn-out - souvent incompris et mal considéré dans nos sociétés contemporaines. Ici, la pensée naît du corps et de son vécu. La matière est brute, sensible et sensorielle. Elle fait du lien entre de nombreux sujets qui m'animent et que je défends, dans mes livres comme dans mes prises de parole, depuis plus de 15 ans.

Durant le processus d’écriture, je me suis surprise à rêver porter ce texte sur scène, en voix, en corps et en musique avec des amis artistes. Claire (Ruffin) et son lit, un piano. Des mélodies, des sensations, une lumière diffuse. Au fil des jours, une obsession est née. Les images se faisaient de plus en plus précises et présentes, si précises et présentes, que j’en perdais parfois le souffle. J’ai alors tissé ces pages à voix haute, pour entendre la musique des mots, sentir leur vibration.

Puis, j’ai rencontré Lorenzo (Naccarato) et son piano-cassettes Italo. Ils faisaient escale à Arles, en chemin pour la migration des grues cendrées qui allaient les porter de l’Allemagne au Sénégal pendant les six prochains mois. Nous avions en commun cette passion des oiseaux, dont certains représentants peuplent les pages du Grand épuisement. J’osais esquisser une proposition incertaine. Et cette réponse, si sûre, tandis que nous nous connaissions à peine :“à mon retour, je viendrai poser mon piano-cassettes auprès de ton texte”.

Le 11 juin 2025, l’association du Méjan nous a permis de donner corps à cette rencontre à trois voix dans le somptueux paysage minéral de l’Abbaye de Montmajour. Une performance est née. Un désir, aussi. Celui d’explorer plus avant ce que la rencontre de nos mondes peut produire. À présent que Le Grand épuisement est devenu livre et ne m'appartient plus tout à fait, il est prêt. Nous sommes prêts.

Il y a 18 ans, je quittais le monde de la danse pour celui de l’engagement. Après plusieurs années de terrain, je m'effondrais. Puis, ma résistance a pris corps dans les mots. À l’orée des crises que nous avons engendrées, la première bataille que nous avons à mener se joue dans nos représentations, dans notre perception du monde et la place que nous pourrions y occuper. Elle est culturelle. Le Grand épuisement est notre manière d’y prendre part. Une proposition-traversée que nous souhaitons accessible à tous. Un cri dans le fracas du monde, auquel il entend participer."

NELLY PONS

 

UN SPECTACLE

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Au plateau, trois mondes se rencontrent, se répondent, s'entrelacent.
Le musicien et son piano préparé, en dialogue avec le lit, ou seulement avec les mots.
Deux femmes en vis-à-vis – la narratrice et la comédienne silencieuse – se rapprochent, se considèrent, s’éveillent.
Trois sensibilités racontent, chacune à sa manière, ce grand épuisement. 

Trois êtres, de plus en plus proches, entrent en résonnance, tissent un langage commun. La scène devient cet espace ouvert où se déploie la mise en corps, en image et en musique d’une traversée intime tapie dans l’interstice de nos vies.

Alliant textes lus et séquences chorégraphiques, mots et variations muettes d’un être en quête de repos, corps, voix, sons et mélodies s’unissent pour une expérience sans pareil.

Une traduction poétique aux expressions plurielles qui, tel le chant de la grive, s’élance dans le vent à la rencontre d’un monde…bel et bien vivant.

 

Calendrier

11 juin 2025 : performance au festival de lecture d'Actes Sud, à l'Abbaye de Montmajour
15 avril 2027 : sortie de résidence à l'Autre Rive, Eybens
Création à l'automne 2028

 

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